Taille coquille Saint-Jacques : 10,2 cm, 10,5 cm ou 11 cm, quel seuil respecter ?
La taille minimale de capture d’une coquille Saint-Jacques dépend de la zone où l’on pêche. En zone CIEM 7e (Manche), le seuil professionnel est de 10,2 cm et un relèvement à 10,5 cm est prévu. En rade de Brest, il passe de 10,5 cm à 11 cm. Avant de ramasser quoi que ce soit, il faut donc savoir où l’on se trouve et quelle valeur est en vigueur à la date de la sortie.
Quelle taille minimale pour quelle coquille ?
La taille minimale de capture (TMC) est la dimension en dessous de laquelle une coquille doit être remise à l’eau, vivante, sur place. Elle s’applique à la capture comme au débarquement : une coquille trop petite ne doit ni être gardée dans le panier ni être transportée.

Des seuils qui montent, par étapes
Les valeurs évoluent. Pour la pêche professionnelle, le seuil de 10,2 cm en zone CIEM 7e fait l’objet d’un projet de relèvement à 10,5 cm. Pour la rade de Brest, le projet vise 11 cm au lieu de 10,5 cm. Ces ajustements s’inscrivent dans le cadre de l’arrêté du 28 janvier 2013 modifié, et s’appuient sur les évaluations de l’Ifremer, notamment la campagne COSB menée dans la baie de Saint-Brieuc.
Loisir et professionnel : ne pas confondre
Les seuils cités ci-dessus sont des seuils professionnels. Le pêcheur à pied ou le plaisancier doit se référer aux tailles fixées pour la pêche de loisir dans sa zone, qui peuvent différer, et les vérifier auprès de la DDTM ou des Affaires maritimes. Une valeur lue sur un forum ou une ancienne fiche peut être périmée. En cas de doute, la règle la plus prudente est de garder uniquement les coquilles nettement au-dessus du seuil.
Les tailles minimales par zone en un coup d’œil
| Zone | Seuil professionnel actuel | Seuil en projet |
|---|---|---|
| Zone CIEM 7e (Manche) | 10,2 cm | 10,5 cm |
| Rade de Brest | 10,5 cm | 11 cm |
| Baie de Saint-Brieuc | à vérifier dans l’arrêté local | à vérifier |
| Méditerranée (Pecten jacobaeus) | à vérifier dans la réglementation locale | à vérifier |

Ce tableau donne les ordres de grandeur pour la pêche professionnelle. Il ne remplace pas le texte officiel de la zone, surtout pour la pêche de loisir. La Méditerranée relève d’une autre espèce, Pecten jacobaeus, et ne suit pas forcément les mêmes valeurs que la Manche ou l’Atlantique, où l’on trouve Pecten maximus.
Quelle taille atteint une coquille adulte ?
Dimensions, poids et chair
Une coquille Saint-Jacques peut atteindre environ 17 cm au maximum. À trois ans, la taille moyenne est de 106 mm, soit déjà au-dessus des seuils réglementaires actuels. Côté assiette, le poids commercial est de 190 g, dont 120 g de coquille. La noix et le corail ne représentent donc qu’une part du poids total, ce qui explique les écarts de rendement entre une grosse coquille et une coquille tout juste réglementaire.
Âge et longévité : pourquoi les chiffres divergent
Les sources donnent des durées de vie très différentes : 4 à 5 ans, 12 à 15 ans, voire une vingtaine d’années en milieu sauvage. Ces estimations ne décrivent pas la même chose. Dans un gisement exploité, la plupart des coquilles sont capturées dans leurs premières années, si bien que l’âge observé reste bas. Les valeurs de 12 à 20 ans correspondent à ce que l’espèce peut atteindre quand elle échappe à la pêche. Pour le pêcheur, le repère utile est plus simple : une coquille atteint la taille légale autour de la troisième année.
Pourquoi un seuil de taille, et que lit-on sur la coquille ?
Se reproduire avant d’être pêchée
La coquille Saint-Jacques atteint sa maturité sexuelle à deux ans, au-delà de 75 mm. C’est un hermaphrodite protandre : la partie mâle est blanche, la partie femelle orangée, c’est le fameux corail. Un seuil de capture fixé nettement au-dessus de 75 mm laisse donc aux individus le temps de se reproduire au moins une fois avant d’être prélevés. Remonter ce seuil, c’est préserver les reproducteurs et soutenir le recrutement, c’est-à-dire l’arrivée de jeunes coquilles dans le gisement. Il va de pair avec la sélectivité des engins, renforcée depuis 2021, qui laisse échapper les plus petits individus dès la pêche.
Une coquille se lit comme un mur de brique
Une coquille se construit comme un mur monté assise par assise : chaque strie est une rangée de brique posée au bord de la valve. Selon une source, la croissance s’y inscrit au rythme d’une strie par jour, et leur épaisseur varie avec la qualité de l’eau et la température. En observant ces stries, on voit donc une année creuse, une année généreuse, ou un arrêt de croissance. C’est aussi pourquoi deux coquilles de même taille n’ont pas toujours le même âge : une coquille de l’estran, plus lente, peut être plus âgée qu’une coquille de fond de même dimension. La taille reste le critère réglementaire parce qu’elle se vérifie en quelques secondes sur le terrain, mais les stries rappellent qu’elle n’est qu’un indicateur de maturité parmi d’autres.
Mesurer sans se tromper et rester en règle
La bonne méthode de mesure
On mesure la plus grande dimension de la coquille, d’un bord à l’autre de la valve. Il faut poser la coquille à plat, bien nettoyée de ses salissures et de ses algues, et utiliser une jauge ou un réglet rigide plutôt qu’un mètre souple. Les erreurs fréquentes sont de mesurer à l’œil, de s’arrêter à la charnière ou de compter une épibiose épaisse comme faisant partie de la coquille. Une coquille qui se situe à quelques millimètres du seuil mérite d’être remise à l’eau : l’arrondi joue toujours contre le pêcheur lors d’un contrôle.
Remise à l’eau, période et contrôle
Toute coquille trop petite doit être remise immédiatement à l’eau, vivante. La coquille Saint-Jacques est un bivalve non fouisseur qui se déplace par hydropropulsion, en claquant ses valves, mais une coquille jetée sur le sable en dehors de l’eau n’a que peu de chances de survie. Les contrôles sont assurés par les Affaires maritimes et la DDTM, qui peuvent verbaliser les infractions. Concernant le calendrier, la saison professionnelle en baie de Saint-Brieuc s’étend d’octobre à avril, avec deux sorties par semaine, le lundi et le mercredi. Pour la pêche de loisir, il faut se renseigner sur les périodes et les modalités propres à chaque zone.
Pour résumer : vérifier la zone, utiliser une jauge, remettre à l’eau tout ce qui est limite. C’est la meilleure façon d’éviter l’infraction, et de laisser au gisement le temps de se renouveler.



